Des documents du début du 17e siècle trouvés aux Archives Départementales de la Nièvre prouvent que la paroisse de Saint-Léger-des-Vignes existe depuis déjà fort longtemps, elle appartient au Prieuré Saint Pierre de Decize. L’un de ces documents précise qu’elle tire son nom de son église dédiée à ce saint populaire dans la région, et qu’elle est composée de plusieurs hameaux appartenant à des communautés de paysans appelés personniers dirigées par un chef appelé le maître. Ces hameaux, aujourd’hui, portent toujours le nom de ces anciens maîtres, La Guédine venant du nom de Guédin, Les Valettes, Beaucirdieu ayant été le surnom d’un dénommé Camus, etc.

Les nombreuses vignes cultivées par ces communautés justifient le « des Vignes » ajouté au nom de la paroisse. Notre paroisse n’est donc habitée que par des paysans, mais la découverte vers 1480 en forêt de charbon de terre, à quelques kilomètres au nord, va vite changer les habitudes de ce village tranquille. En effet, il n’existait aucun bâtiment sur les lieux d’exploitation du charbon et, à l’époque, les routes n’étaient pratiquement pas carrossables ; le seul moyen d’expédition de cette marchandise était les voies navigables.

Notre paroisse est longée par le fleuve Loire. Rapidement, un port appelé La Charbonnière sera aménagé et on y accédera depuis le lieu d’extraction par un chemin. Ce n’est pas tout : il faut un magasin pour stocker le charbon (ça sera La Loge) et aussi le matériel pour l’exploitation des puits, et encore des écuries pour les chevaux qui font la navette. Tout cela sera bâti à proximité du port. Plus tard y sera construit un grand bâtiment appelé château de La Charbonnière où résidera le Directeur des mines.

C’est certainement par hasard, en recherchant du charbon, que seront découverts des gisements de gypse à Saint-Léger. Plusieurs puits appelés crots vont être exploités jusque vers les années 1940. Des usines de concassage seront construites et emploieront de nombreux ouvriers.

En 1784, le charbon est exploité par les associés PINET-GOUNOT qui revendent à M. BEAUDART DE SAINT JAMES, trésorier de La Marine, associé à l’ingénieur M. PERRIER habitant le château de La Charbonnière.

Plus tard, un des directeurs des mines donnera les écuries du château pour en faire une église en remplacement de l’ancienne en ruine. C’est la raison pour laquelle cette église n’a pas son autel orienté à l’Est comme d’ordinaire. L’ancien village se trouve alors délaissé, les nouveaux arrivants trouvent plus pratique de bâtir leurs maisons à proximité du port de La Charbonnière.

Pour rentabiliser l’exploitation du charbon, peu vendu à cette époque, autorisation fut donnée en 1785 de construire une verrerie à bouteilles, à la condition d’utiliser le charbon extrait des mines. La verrerie fut bâtie à l’emplacement actuel de l’école maternelle. Sa position était idéale, le port pour le transport de la marchandise étant à proximité, de même que le charbon pour alimenter les fours, et le sable (un des principaux matériaux entrant dans la composition du verre) se trouvant à volonté dans la Loire. Il fallait maintenant faire venir une main d’œuvre qualifiée pour la faire fonctionner.

Pour être souffleur de bouteilles, il faut avoir commencé dans la profession depuis le plus jeune âge : comme porteur ou gamin vers 8 ou 9 ans, puis ensuite comme grand garçon vers 14 ans et plus et puis la consécration dans le métier comme souffleur.

Les ouvriers seront recrutés dans plusieurs verreries de France, en particulier celle de Givors (69). La plupart de ces maîtres verriers sont des descendants de familles allemandes, autrichiennes et suisses installées dans une grande partie Est de la France.

Autour de cette verrerie seront construits des logements pour accueillir les nouveaux arrivants et leurs familles. Les relevés démographiques nous le prouvent :

  • 1764 = 59 feux (1 feu est égal à une famille pour la Nièvre. Il faut compter environ 5 personnes, ce qui fait 300 habitants)
  • 1789 = 100 feux (Soit 500 habitants)

En l’an II de la République, c’est-à-dire 1793, il y a 850 habitants, un petit village vient de naître !

La période révolutionnaire va fortement perturber le fonctionnement de la verrerie de La Charbonnière : certains associés seront déclarés comme émigrés, la verrerie changera de directeur, mais continuera cependant de fonctionner. Une étenderie pour fabriquer du verre à vitre fonctionnera quelques années, mais cette production sera vite abandonnée.

Les relevés démographiques indiquent une baisse considérable alors de la population à Saint-Léger-des-Vignes :

  • 1801 = 702 habitants
  • 1806 = 598 habitants
  • 1831 = 790 habitants
  • 1838 = 1189 habitants

Une autorisation de faire construire une seconde verrerie sera donnée en 1838. C’est l’emplacement actuel du complexe sportif du Centre Fresneau. Cette nouvelle verrerie va entraîner l’arrivée de nouvelles familles et de ce fait augmenter considérablement le nombre d’habitants de notre village : 400 personnes en plus en 7 ans !

L’ancienne verrerie cessera toute activité à la fin de l’année 1840, sa halle menaçant de s’effondrer faute d’entretien. Cette fermeture ne provoquera pas l’émigration des ouvriers, probablement récupérés par la nouvelle verrerie. Pour preuve : 1254 habitants au recensement de 1841.

1914 : c’est la Grande Guerre. La plupart des verriers partent pour le front. Dès février 1916, l’activité reprend avec un seul four en fonctionnement. La guerre se termine enfin, les verriers reviennent et reprennent leur travail. La guerre a été longue et coûteuse, son seulement en vies humaines, mais également financièrement, certains ne reviendront jamais.

À partir de 1925, il y a de nombreux arrêts de fabrication : le vin se vend mal.

Rien n’y fait : la crise des années 1930 arrive et la prohibition aux Etats-Unis n’arrange pas les affaires des vignerons et des petites verreries. La verrerie Charbonneaux à Reims est devenue importante et, qui plus est, bien mieux placée puisque située à côté des caves des vignerons de Champagne. Les gros mangent les petits… A la fin de l’année 1931, ce sera la fin de la verrerie à Saint-Léger-des-Vignes, après presque 150 ans de fonctionnement. Certains partiront dans d’autres verreries, mais beaucoup resteront. C’est la fin d’une époque, les machines de plus en plus remplacent les hommes…

Il n’y aura plus de grandes entreprises dans notre village. Cependant, durant la Seconde Guerre mondiale, une entreprise de caoutchouc viendra s’installer dans la ville voisine de Decize et permettra à notre village de garder, et même d’augmenter le nom de ses habitants.

La mairie a changé de place aujourd’hui. Le bâtiment mairie/écoles construit en 1861, rue des Écoles, abrite maintenant l’École Élémentaire. Dans les années 1940, l’ancien maire, Pierre PERRONNET, a fait acquérir à la collectivité le bâtiment qui abrite les bureaux de l’actuelle mairie, route Nationale, et aménagé le parc.